Avec l’exposition Les 7 temps de la vie, Patrick Lavallée a choisi de morceler l’existence en sept étapes distinctes et concises. Son choix, illustré par des personnages et des saynètes auxquels il a donné des titres aussi simples qu’évocateurs, rappelle la composition d’une mosaïque assemblée par juxtaposition, un coup de couteau à la fois.
Il a également choisi de nous placer face à l’introspection et au questionnement, et ce, au détriment de l’habituel narratif fantastique du légendaire. Il nous invite à partager sa réflexion; il veut en effet forcer le visiteur à s’interroger sur le trait d’union, sur ce parcours unique et personnel entre la naissance et la fin du show. C’est donc à travers une savante chorégraphie dans laquelle il utilise le cycle de la vie comme canevas de création qu’il insère ce fameux trait d’union sur l’épitaphe de la pierre tombale, entre la date de naissance et celle du décès. Il force ainsi le visiteur à s’interroger sur son propre trait d’union, sur ce qu’il veut laisser en héritage.
Lavallée nous convie à une réflexion poétique et intimiste à laquelle il a prêté l’apparence naïve d’une bande dessinée en trois dimensions. Une exposition pour tous les âges : les plus jeunes apprécieront l’aspect ludique et théâtral des saynètes, alors que les plus âgés seront interpellés par leur message. Car, qui aurait pu croire que l’art populaire, cet art a priori naïf et à saveur enfantine, pouvait devenir un art au deuxième degré susceptible de provoquer une réflexion profonde et personnelle ?